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lamia Séraphin


Inscrit le: 01 Nov 2007 Messages: 1903 Localisation: FRANCE
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Posté le: Sam Fév 16, 2008 11:42 Sujet du message: L’affaire du presbytère de Cideville |
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En mille huit cinquante et un, l'affaire du presbytère de Cideville eut un retentissement énorme dans toute la Normandie ; on écrivit beaucoup à son sujet. L'érudit marquis de
Mirville, qui fut témoin des phénomènes, les rapporta dans son ouvrage « Des esprits et de leurs manifestations fluidiques » et s'attacha à en démontrer le merveilleux.
La justice en fut saisie de façon originale, puisque c'est le sorcier lui-même qui déposa une plainte pour coups, contre l'abbé Tinel, curé de Cideville.
Voici un bref résumé des faits, qui furent certifiés sous serment par plus de vingt témoins.
En novembre mille huit cent cinquante, le curé de Cideville ayant fait chasser de sa paroisse un guérisseur de mauvaise réputation, celui-ci jura de se venger. Il s'entendit avec un berger- sorcier, le berquet Thorel, particulièrement redouté ; ce dernier se chargea, pour nuire au curé, de faire quitter le pays aux deux jeunes élèves auxquels le prêtre apprenait le latin. Peu après, ces enfants se trouvant à la foire, Thorel s'approcha de l'un d’eux et le toucha. À partir de ce moment on assista aux faits les plus étranges.
À peine l’enfant était-il rentré au presbytère, qu’une trombe s'abattit sur la maison, des coups, tels des coups de marteau, ne cessèrent de se faire entendre dans tous les coins, puis on vit des meubles et d'autres objets se déplacer d'eux-mêmes. En particulier la chambre des deux garçons devint le lieu de faits incroyables : pupitres se renversant et carreaux se brisant tout seuls, livres s’envolant par une fenêtre et rentrant par une autre. Une partie de la population entoura le presbytère pendant des heures et on l'explora en tous sens sans résultat.
. Monsieur.de Mirville, grand spirite, fut invité par le curé à passer la nuit dans la chambre ; en entendant des coups, il engagea conversation avec l'esprit (un coup pour oui, deux coups pour non) et il obtint, déclara-t-il, des réponses exactes à de nombreuses questions.
Madame Des Champs du Bois-Hébert déposa avoir également conversé avec l'esprit et en avoir reçu « des réponses intelligentes » Elle ajouta qu'étant éloignée de toute personne, elle se sentit tirée par la manche. Son mari, Monsieur de Saint Victor, d'abord incrédule, témoigna ensuite qu’après avoir entendu les coups, il avait, en compagnie du maire, Monsieur Cheval, vu la table où travaillaient les enfants changer de place ; ils cherchèrent en vain à la retenir et tous les meubles se mirent à vibrer.
«... Au moment où je me trouvais en face de la porte, déclara-t-il, un pupitre vint sur moi avec une rapidité dont on ne peut avoir idée, il fit un temps d'arrêt à environ trente centimètres de moi et tomba par terre en suivant une ligne verticale... ».
De nombreux autres témoins, dont un médecin de Bacqueville, des prêtres, les conseillers municipaux de Cideville, des gens de toute condition, assurèrent avoir vu aussi des choses extraordinaires.
Pendant ce temps, l’enfant ensorcelé tombait dans des syncopes puis avait des visions, il désignait parfois du doigt l'ombre d'un homme en blouse et certains aperçurent cette ombre qui, sous forme d'une fumée « s’enfuyait par les jointures des portes ». Un jour, un abbé dit voir nettement une colonne de vapeur évoluant derrière le garçonnet. Le curé Tinel tira dans la direction un coup de pistolet chargé de petits plombs et l'enfant dit aussitôt que l'esprit avait reçu deux plombs en pleine figure.
Peu après, on se souvint que ces sortes d'esprit craignaient les pointes de fer ; on s'arma de longues broches, d’épées et on frappa l'espace, en direction des bruits et autour de l'enfant ; brusquement un coup fit jaillir une flamme, en même temps qu'apparaissait une fumée puante et épaisse ; on frappa de plus belle, en tous sens, et soudain des gémissements se firent entendre en même temps qu'un mot deux fois répété : « Pardon ! Pardon ! ». « Nous te pardonnerons, dit le curé, mais tu viendras demain demander grâce devant l'enfant ».
Le lendemain, on vit arriver le berquet Thorel, le visage couvert de blessures dont la trace de deux plombs, et le bras en écharpe. Il se mit à genoux devant l'enfant et demanda pardon. « Reviens demain, à la mairie », lui ordonna-t-on. Le lendemain Thorel se présenta devant le maire, demanda grâce à nouveau, puis voulant obtenir le pardon de curé, se traîna vers lui, à genoux, cherchant à saisir le bas de sa soutane ; le curé recula mais, arrivé au mur il allait être touché quand, pour l’éviter, il asséna à Thorel trois coups de canne sur le bras. Ce sont ces coups qui allaient faire l'objet de la plainte en justice déposée par le sorcier.
Le juge de paix d’Yerville, saisi de l'affaire, fut stupéfait devant les nombreux témoignages. Recherchant les antécédents de Thorel, il apprit qu'il prédisait vingt minutes à l'avance des choses qui se produisaient exactement. Un journalier déclara qu'étant aux champs avec Thorel, celui-ci lui dit : « Chaque fois que je donnerai un coup de poing sur ma cabane, tu tomberas ». Et l'homme assura qu’il se sentait alors la gorge serrée et qu'il était forcé de tomber. Un autre déposa que se trouvant dans la plaine en compagnie de Thorel, des cailloux, lancés par une force inconnue, arrivèrent droit sur eux mais ils tombèrent aux pieds de Thorel sans le toucher.
Voici un extrait du jugement rendu le quatre février mille huit cent cinquante et un :
« Nous, juge de paix d’Yerville... attendu que quelque soit la cause des faits extraordinaires qui se sont produits au presbytères de Cideville, ce qui résulte de plus clair de tous les témoignages entendus, c'est que cette cause est demeurée inconnue…que c'est volontairement que Thorel s'est mis à genoux... en demandant grâce, pardon, comme s’il eut commis quelque faute... »
Thorel fut débouté de sa plainte et condamné aux dépenses. En d'autres temps, il aurait connu certainement le bûcher.
Il paraît que le presbytère hanté fut rasé, et qu'après la mort de Thorel sa tombe fut l’objet de si nombreuses visites (on n'en aurait presque fait un lieu de pèlerinage) que le cardinal de Bonnechose fut contraint de la faire disparaître. |
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YOUKY Séraphin


Inscrit le: 08 Nov 2007 Messages: 2683 Localisation: Sud-Ouest
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Posté le: Dim Fév 17, 2008 23:17 Sujet du message: |
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| Merci Lamia pour tes histoires de fantômes, ce serait surprenant de nos jours si cela se produisait et si l'on pouvait les filmer |
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